22-23 mars 2018 Rouen (France)

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13 – Territoires et fictions. De la construction à la réception et à l’appropriation : processus croisés

Co-porteur.e.s : Alfonso PINTO (EVS), Géraldine MOLINA (ESO) & Bertrand PLÉVEN (Géographie-cités)

Cette session souhaite interroger les rôles des productions fictionnelles (littérature, bande dessinée, cinéma, séries, jeux vidéo) dans la construction des représentations socio-spatiales et sur la fabrication des imaginaires des territoires. Comment les fictions peuvent-elles être questionnées comme des « matrices » (Molina, 2007) contribuant à la stabilisation ou la subversion des significations territoriales ? Réciproquement, comment les territoires, dans leurs dimensions tant matérielles qu’idéelles, influencent voire déterminent les mises en fiction ?
Cette session cherche à interroger les pratiques de représentation des territoires, les interactions entre œuvres fictionnelles et territoires et les phénomènes d’appropriation, d’instrumentalisation qui s’y jouent. Quels sont les processus de construction des imaginaires et les effets des fictions sur les identités territoriales et les régimes de visibilité (Lussault, 2007) ? En raison de sa capacité à reproduire le paysage de manière non statique, l’audiovisuel peut engendrer une lecture représentationnelle axée sur les rapports entre domaines diégétique (réalité fictionnelle construite par la fiction) et extra-diégétique (réalité matérielle externe à la fiction). Puissant vecteur d’imaginaires territoriaux, il contribue à la définition des savoirs intersubjectifs sur l’espace et à la construction des identités visuelles des territoires. Ouvrant sur un large possible interprétatif (Eco, 1965), les œuvres littéraires se prêtent bien à l’appropriation et l’instrumentation par des acteurs territoriaux pour façonner l’image, voire la matérialité d’un territoire (Molina, 2007 ; 2014 : 20). Bande dessinée et jeu vidéo proposent d’autres modalités d’articulation entre territoire et mise en fiction.
Les approches peuvent concerner tant les processus de construction (en ciblant les auteurs), y compris identitaire, que les phénomènes de réception et d’appropriation par les publics (rapports entre « espace perçu » et « espace vécu », Frémont, 1972) et les usages des représentations et imaginaires fictionnels des territoires par les acteurs impliqués dans la gestion et la planification spatiale. Le but est une rencontre entre différentes branches de la géographie (de l’art, de la littérature, du cinéma...) et avec les études littéraires, cinématographiques, les visual studies, la sociologie de l’art ou des médias.

Références bibliographiques indicatives

Eco U., 1965, L’œuvre ouverte, Paris, Seuil.
Frémont A., 1972, La région, espace vécu, Rennes, PUB.
Molina G., 2007, « L’influence de la littérature sur les représentations de la ville. L’exemple de la “ville tentaculaire” ou l’instrumentalisation politique d’une matrice poétique », BAGF Bulletin de l’Association de géographes français, Géographie et littérature, 84(3), pp. 287-303, geraldinemolina.files.wordpress.com/2014/05/molina-2007-bagf.pdf
Molina G., 2010, Les faiseurs de ville et la littérature : lumières sur un star-system contemporain et ses discours publics. Des usages de la littérature au service de l’action des grands architectes-urbanistes, thèse de doctorat, Université de Toulouse 2.
Molina G., 2014, « Lorsque l’imaginaire géographique littéraire déborde les frontières du livre… et s’inscrit dans l’espace », in Dupuy L., Puyo J-Y. (dir.), Géographie, langue et textes littéraires : regards croisés sur l’imaginaire géographique, Presses universitaires de l’université de Pau et des Pays de l’Adour, pp. 245-258, geraldinemolina.files.wordpress.com/2012/11/molina-g-2012-ville-et-imaginaire-littc3a9raire.pdf

Types de communications attendus

Nous souhaitons nous orienter vers différentes typologies d’interventions :
− Des questionnements théoriques épistémologiques à propos des rapports entre disciplines spatiales (géographie, aménagement, urbanisme) et fictions (critique cinématographique, critique littéraire, sociologie de l’art, sociologie des médias...).
− Des propositions méthodologiques sur les manières de conjuguer les codes propres des fictions avec les discours scientifiques ou vernaculaires.
− Des études ciblées sur une ou plusieurs œuvres de fiction dans leur rapport avec les territoires et leur imaginaire (processus de fabrication des œuvres fictionnelles, processus de réception, d’appropriation, d’utilisation, d’instrumentalisation des œuvres...).
− Des imports et apports extra-disciplinaires : quelles peuvent être les contributions issues d’autres disciplines s’étant penchées sur les œuvres fictionnelles pour interroger les relations entre les représentations et les territoires (imaginaires territoriaux, représentations socio-spatiales, processus de fabrication des œuvres fictionnelles, processus de fabrication des territoires).
Dans le détail :
− Fictions et territoires : pratiques, méthodes et théories
− La construction des imaginaires de l’espace : codes et manières employées dans la représentation et dans la fabrication des univers spatiaux diégétiques
− La fabrique des œuvres fictionnelles : territoires vécus et perçus
− La réception de la part des publics (études sur la réception et la circulation extra-diégétique), les phénomènes d’appropriation, d’utilisation, d’instrumentalisation des œuvres par les acteurs des territoires. Quel rôle jouent les fictions au sein des pratiques de planification, de gestion et/ou de marketing territorial (mise en tourisme) ?

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